Le Musée d’art moderne de la ville de Paris- petit aperçu des collections permanentes
Si vous vous égarez aux pieds de la Tour Eiffel vous pouvez faire un grand détour par le musée du Quai Branly, mais n’hésitez pas à poursuivre votre chemin et traverser le pont de l’Alma pour aller faire un tour au Palais de Tokyo, qui réouvrira ses portes le 11 avril-en attendant vous pouvez toujours prendre un petit café au restaurant du musée resté ouvert pendant les travaux. Toujours est il que son voisin, le Musée d’art Moderne de la ville de Paris, mérite lui aussi le détour. Vous n’avez plus un sous en poche? Ce n’est pas un problème les collections permanentes sont gratuites. Vous avez alors tout le loisir de passer d’un parcours à un autre, de Dufy à Matisse du fauvisme au cubisme avec les oeuvres de Metzinger, Duchamp, Delaunay ou Kupka; des dadas et surréalistes à Fautrier et Gruber, en poursuivant par l’abstraction des années 60 avec les mobiles de Calder et les Vibrations de Rafael Soto; vous abordez ensuite le nouveau réalisme avec Hains notamment, un arrêt sur Bernard Buffet et Simon Hantai, et le parcours contemporain vous accueille avec les oeuvres d’Andreas Gursky, François Morellet ou encore Georg Baselitz; et enfin la salle Boltanski avec des petits films retraçant ses débuts et la Réserve du Musée des Enfants I et II. Pour tout vous avouer il y a tellement à voir et à revoir que je n’ai pas eu le temps de tout apprécier mais j’ai eu envie de m’attarder sur certaines oeuvres…
Les œuvres de Kees Von Dongen. Cet hollandais proche des milieux anarchistes s’est vite fait un nom dans les années 20 en France, en devenant un artiste d’avant-garde, du fauvisme notamment par l’utilisation de couleurs très vives jusqu’à l’outrance parfois, même si ça n’est pas le cas de cette œuvre-ci. Son sujet favori, les femmes. Elles sont élancées, silhouette typique des années folles, et portent parures et bijoux, des attributs très féminins. Pourtant, il émane d’elles une véritable dignité, une sorte de souveraineté, elles sont là, entières et j’aime ça.
Les Fleurs de Max Ernst, un des artistes majeurs des mouvements Dada et surréaliste …
Un autoportrait d’Anton Raderscheidt, il appartient notamment au courant de la Nouvelle Objectivité allemande …
Je l’ai trouvé étonnant avec un humour se rapprochant du Chat de Geluck. Une espèce d’empressement de s’amuser de tout quand rien n’est vraiment très drôle..
Viennent ensuite Les amoureux (Après la pluie) de Francis Picabia, surréaliste bien sûr…
Le MAM de Paris possède également une superbe collection des oeuvres de Giorgio de Chirico. Ce peintre, sculpteur et écrivain italien très admiré des surréalistes jusqu’en 1925 avec une peinture "métaphysique" renie ensuite le surréalisme et prône un retour à la tradition pour se convertir à un style néoclassique.
Je me suis ensuite arrêtée sur une des œuvres de Francis Gruber, l’un des rares représentants de l’expressionnisme en France.
Nous sommes plongés dans l’obscurité d’un appartement, l’air est emprunt de gravité. Le visage et le corps de la femme ne sont pas là pour nous séduire mais témoignent d’un drame, d’un malaise. On cherche à comprendre mais le regard de la femme se perd dans le vide…La seule tâche de couleur est celle du sang.
Dans un autre registre, Les Boîtes de conserve de Jean Fautrier, le plus important représentant de l’art informel, ont attiré mon regard.
Pour finir, je vous montre une des cinétisations de Pol Bury qui se plaît à recycler des anciens clichés de Chicago ou de New York…
Et grâce à une technique de collage particulière, Pol Bury a le pouvoir de faire danser les villes.
Ce petit échantillon est vraiment une sélection personnelle mais il a le mérite de montrer la grande richesse des collections permanentes du MAM de Paris, que je vous invite à découvrir ou à redécouvrir !!!
Musée d’art moderne de la Ville de Paris
11 avenue du Président Wilson 75116 Paris
Standard : 01 53 67 40 00
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h (fermeture des caisses à 17h15) Nocturne le jeudi jusqu’à 22h (fermeture des caisses à 21h15).
Métro Alma-Marceau ou Iéna
RER C Pont de l’Alma Bus 32, 42, 63, 72, 80, 92
Station Vélib’ 2 rue Marceau



















