Bérénice ABBOT. Musée du Jeu de Paume 21/02 – 29/04
BERENICE ABBOT
" Photographies"
Née le 17 juillet 1898 à Springfield et décédée le 9 décembre 1991 dans le Maine, Bérénice ABBOT a eu une longue vie artistique, riche et éclectique. Elle aborde les différentes facettes de la photographie.
En plus des expositions abordées au Jeu de Paume, elle a mis en place en 1934 « American cities before the civil war » à YALE et « The architecture of Henri Hobson Richardson and his time » au MoMa.
L’exposition présentée au Jeu de Paume aborde 4 grandes parties de son œuvre :
- Les portraits 1920 – 1929
Arrivée à Paris au cœur de la mouvance surréaliste, elle tire alors les portraits de ses amis artistes et de certains notables parisiens.
Ces portraits jouent sur l’idée de travestir le sujet, de ne montrer qu’une partie pour le tout. C’est une mascarade qui joue avec les symboles.

Les femmes sont immortalisées dans des postures suggérant l’ambiguïté sexuelle.
- Changing New York 1930 – 1939
Bérénice ABBOTT commence son projet artistique majeur : un portrait documentaire de New York. 305 clichés qui alternent point de vue esthétique et recherche documentaire. Elle veut capter « la disparition de l’instant » et met en lumière les collisions éphémères entre passé et avenir.
Son travail, loin d’être un recueil d’images statiques, retrace les enjeux d’une aussi grande métropole.
Elle saisit les contrastes et les paradoxes intrinsèques à New York et à son processus de « démolition reconstruction".
- La scène américaine. Route 1, 1935
Toujours dans sa recherche du paradoxe urbain de l’architecture, elle s’attache à dresser le portrait d’un monde rural en crise.
Le choc des écarts, la différence de vie et de ressenti devient alors frappante entre la ville et sa campagne.
Tout au long de son voyage en voiture sur les 6 500 km de la route qui longe la côte Est des Etats-Unis, elle immortalise visages, habitants et scènes de vie bien éloignées de l’effervescence citadine.

- La science, à partir de 1939.
Commanditée par MIT (Massachussetts Institute of Technology) pour prendre des photos scientifiques, son travail devient outils de vulgarisation au service de l’éducation de la nouvelle génération.
Sa photographie documentaire se meut en une passerelle entre la science du XXème siècle et le grand public.
Petite réflexion pour aller plus loin :
Bérénice ABBOTT ouvre dès le 19ème siècle une réflexion encore brûlante d’actualité. Le développement des villes se fait-il nécessairement par un processus de destruction préalable ? Comment la population intègre et participe à ce mouvement incessant ? Est-elle victime ou actrice de ce changement ?
L’artiste Aï Weï Weï reprend cette réflexion dans la Chine contemporaine et pousse encore plus loin le raisonnement de Bérénice ABBOTT. Au XXI ème siècle quelles sont les implications du raisonnement quasi mécanique du modernisme (appelé « progrès ») et ses répercutions sur la population ?






















